Contenu du cours
Note de cadrage
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Quiz & révisions
Quiz, QCM, vrai faux, fiche de révision et flash cards pour réviser. Attention, n'oubliez pas que pour mémoriser les connaissances, il faut s'entraîner pendant le travail sur le chapitre mais aussi après en espaçant les délais entre deux révisions, c'est ainsi que les connaissances s'ancreront.
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Ressources externes
Podcast, documentaires et articles en complément du cours sur des sites et ressources extérieures.
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Méthodologie
Sujets de dissertation et de colles pour s'entraîner
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Union Européenne Russie : de la méfiance à la guerre

NOTION

L’« étranger proche » désigne, dans la doctrine géopolitique russe post-soviétique, l’ensemble des anciennes républiques soviétiques considérées comme relevant d’une sphère d’influence naturelle, historique et stratégique de Moscou. Cette conception plonge ses racines bien avant 1991 : dès le XVIIIe siècle, sous Catherine II (1762-1796), la Russie tsariste étend son territoire vers la mer Noire et le Caucase, intégrant durablement des peuples non russes dans son orbite. Cette logique d’expansion territoriale se poursuit au XIXe siècle avec la conquête du Caucase et de l’Asie centrale, puis au XXe siècle, lorsque l’URSS de Staline annexe ou contrôle fermement les pays baltes, l’Ukraine, la Moldavie ou la Géorgie.

À la chute de l’URSS (1991), environ 25 millions de Russes se retrouvent hors des frontières de la Fédération de Russie, souvent dans des régions stratégiques et industrialisées (Pays baltes, Ukraine orientale). Dans des zones comme le Donbass (Ukraine) ou la Transnistrie (Moldavie), ces populations russophones – parfois appelées « pieds-rouges »  – deviennent pour Moscou un levier d’influence et un prétexte d’intervention au nom de la protection des minorités.

Sous Boris Eltsine, la notion d’« étranger proche » apparaît officiellement dans les années 1990 comme ligne directrice de la politique étrangère russe : il s’agit de garantir que ces territoires restent dans une zone d’influence politique, économique et sécuritaire privilégiée, et qu’aucune puissance rivale – notamment l’OTAN ou l’UE – ne s’y implante. Avec Vladimir Poutine, cette doctrine prend un tour plus affirmé : opposition systématique à l’élargissement de l’UE et de l’OTAN, interventions militaires en Géorgie (2008), Ukraine (2014, 2022), pressions énergétiques et diplomatiques sur les États voisins.

Pour la Russie, l’« étranger proche » est donc à la fois un héritage impérial, une ceinture de sécurité stratégique et un marqueur identitaire, indissociable de la construction nationale et de l’affirmation de sa puissance.

 

ECHELLES ET TEMPORALITÉS

La question doit s’envisager par une approche diascalaire, les différents étant toujours en relation. A l’échelle locale et régionale, elles concernent directement les zones de contact et de tension : frontières orientales de l’UE (pays baltes, Pologne, Roumanie), voisinage oriental (Ukraine, Moldavie, Géorgie), parfois sous la forme d’une ligne de front (Ukraine, 2025)
À l’échelle continentale, l’UE et la Russie sont interdépendantes sur le plan énergétique (importations de gaz russe représentant 40 % de la consommation européenne avant 2022), commercial et sécuritaire, malgré la détérioration des relations depuis la crise ukrainienne de 2014, la complémentarité entre les deux pôles restent un élément à prendre en compte. 
Enfin, à l’échelle mondiale, elles s’inscrivent dans un jeu géopolitique multipolaire : la Russie cherche à préserver son glacis en Europe et à renforcer ses liens avec d’autres puissances (Chine, Inde), tandis que l’UE s’aligne sur ses alliés occidentaux pour défendre un ordre international fondé sur le droit. 

Du côté des temporalités, il faut prendre en compte le temps long de la constitution de deux entités différentes (quelles particularités dans l’histoire éloignent la Russie de l’Europe) et le temps court des ruptures, en particulier celle du début des années 1990 voyant la transition brutale URSS Russie et du déclenchement des crises (Crimée, 2014, Ukraine 2022)

ACTEURS 

Les relations UE–Russie mobilisent une pluralité d’acteurs dont les intérêts divergent. Côté russe, l’État reste au cœur du dispositif, a fortiori avec son renforcement depuis une vingtaine d’années, incarné par Vladimir Poutine depuis 2000, mais aussi par les institutions militaires, le ministère des Affaires étrangères, les services de renseignement (FSB, GRU). Les entreprises publiques stratégiques comme Gazprom et Rosneft sont à la fois des leviers économiques et diplomatiques, utilisant le gaz et le pétrole comme instruments d’influence, y compris sur les États membres de l’UE. Les populations russophones à l’étranger (Donbass, Transnistrie, pays baltes) constituent un enjeu identitaire et un prétexte à intervention.

Côté européen, l’UE agit par l’intermédiaire de ses institutions (Conseil, Commission, Parlement), avec une politique extérieure commune souvent mise à l’épreuve par les divisions internes : certains États (Allemagne avant 2022, Hongrie) prônaient le dialogue, tandis que d’autres (Pologne, pays baltes) défendent une ligne dure face à Moscou. L’OTAN – dont la majorité des pays de l’UE sont membres – renforce le poids militaire occidental, accentuant la perception russe d’un encerclement, le rôle des Etats-Unis est donc aussi à prendre en compte. Des acteurs privés européens (multinationales industrielles et énergétiques) et la société civile (ONG de défense des droits de l’homme, think tanks) influencent également les débats, notamment sur les sanctions et la transition énergétique.

 

Pourquoi est-il utile d’étudier cette question pour comprendre notre monde actuel?

Analyser les relations UE–Russie est essentiel pour comprendre les enjeux sécuritaires, économiques et diplomatiques qui structurent l’Europe contemporaine. La guerre en Ukraine illustre le retour de la puissance militaire en Europe et la fragilité de l’ordre international fondé après 1945. Elle met en lumière la dépendance passée de l’UE au gaz russe et la nécessité d’une transition énergétique accélérée. Le concept russe d’« étranger proche » interroge la souveraineté des États post-soviétiques et la capacité de l’UE à défendre ses valeurs (démocratie, intégrité territoriale) dans son voisinage immédiat. Cette étude éclaire aussi la recomposition des alliances : rapprochement UE–OTAN, isolement diplomatique de Moscou vis-à-vis de l’Occident, et montée en puissance de partenariats alternatifs (Chine, BRICS). Enfin, elle questionne la capacité de l’UE à conjuguer cohésion interne et compétitivité géopolitique, dans un contexte où la guerre redéfinit les priorités stratégiques.

Que retenir du collège et du lycée sur la question? 

La question des relations UE/Russie n’a pas été abordée en tant que telle au collège et au lycée. Mais le programme de 3ème en étudiant la fin de la guerre froide et la disparition de l’URSS amène quelques connaissances qui sont approfondies en terminale. Deux thèmes du programme de spécialité de première actuels sont aussi particulièrement intéressant dans notre étude : la question de la puissance (qui aborde le passage de l’URSS à la Russie) et celle des frontières. Vous avez donc des connaissances sur le sujet, la question ici sera de les inscrire dans une réflexion plus complexe.

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